OM, PUMA et les crampons adidas : à Marseille, le maillot ne commande plus tout
À Marseille, le maillot reste un drapeau. Mais les crampons racontent autre chose : l’autonomie des joueurs a pris le dessus sur la logique du sponsor.

Le maillot parle encore, mais il ne dicte plus
Dans le football contemporain, le maillot garde une charge symbolique immense. Il continue d’organiser le regard du supporter, de fixer une appartenance, de faire circuler une image de club. Mais il n’impose plus à lui seul l’esthétique du terrain. La distinction utile n’est plus seulement entre une belle tunique et une laide : elle est entre une pièce pensée pour la tribune et un objet qui, sur le corps du joueur, suit d’autres logiques.
C’est là que Marseille devient un bon cas d’école. Les maillots y restent un sujet sérieux, presque politique, parce qu’ils touchent à l’identité populaire du club. Mais l’obsession du détail ne doit pas faire oublier que la silhouette du match se fabrique désormais en deux temps : la tunique d’un côté, les chaussures de l’autre. Et ces deux langages ne racontent plus forcément la même histoire.
Sources : [2] Dégaine ↗[1] Footpack ↗
À Marseille, le contrat du shirt ne tient plus les boots
Footpack indique que PUMA habille encore l’OM pour la dernière année de son contrat, mais qu’un seul joueur sur 22 porte des crampons PUMA. C’est une donnée très parlante : le maillot peut rester sous une bannière commerciale claire, tandis que les pieds des joueurs échappent largement à cette logique. Le lien mécanique entre équipementier du club et chaussures portées par l’effectif n’existe plus vraiment.
Le même article rappelle qu’adidas domine chez 14 clubs de Ligue 1, y compris huit qu’il ne vêtit pas. Autrement dit, la chaussure a pris son autonomie. Pour le supporter, cela change le sens du décor : voir un blason sur la poitrine ne suffit plus à raconter l’économie visuelle de l’équipe. Le football a gardé ses sponsors, mais il a laissé aux joueurs une marge de style que le maillot ne contrôle plus.
Sources : [1] Footpack ↗
La culture shirt vit aussi hors de l’élite
Cette bascule n’est pas seulement un détail de dressing. Elle dit quelque chose de la manière dont la culture foot circule aujourd’hui. Dégaine le montre bien en consacrant une sélection aux plus beaux maillots de deuxièmes divisions en Europe, de la Championship à la Serie B, en passant par la Liga 2 et la Bundesliga 2. Le sujet n’est plus réservé aux grands clubs ni aux vitrines les plus visibles.
Pour moi, c’est une bonne nouvelle, à condition de garder une lecture critique. Le maillot n’est pas devenu “lifestyle” par magie : il reste un objet de club, de récit collectif et de commerce. Mais il faut savoir distinguer le travail de design, la stratégie de marque et la passion des tribunes. À Marseille, cette distinction compte d’autant plus que l’OM vit au contact permanent de ses codes populaires, et que chaque détail visuel y est lu comme une prise de position.
Sources : [2] Dégaine ↗
Le vrai basculement est esthétique, pas sentimental
Le maillot n’a pas perdu sa valeur ; il a perdu son monopole. Et c’est là que la lecture fanatique doit s’affiner. Le supporter continue de s’identifier à la tunique, mais le joueur, lui, compose aussi avec sa chaussure, son confort, ses préférences et sa signature visuelle. La marque du club ne suffit plus à enfermer l’ensemble de l’image.
Marseille mérite précisément ce niveau de nuance. Dans une ville où le maillot est une langue vivante, on peut encore défendre l’idée d’une tunique forte, lisible, sans renoncer à critiquer les effets de vitrine. Mais il faut accepter que le terrain soit devenu un collage : un club, un sponsor, des corps, et des boots qui suivent leur propre route. Ce n’est pas une trahison du football. C’est le signe qu’il a appris à parler plusieurs alphabets à la fois.
Sources : [1] Footpack ↗[2] Dégaine ↗







