OM en Ligue 1 : le club habille la tribune, pas les crampons
Pourquoi l’identité de Marseille reste visible dans les virages, mais beaucoup moins sur les pieds des joueurs ? Parce que l’image officielle et les usages réels du vestiaire ne racontent plus la même histoire.

Le maillot dit OM, les chaussures disent autre chose
À Marseille, le récit de l’équipement reste très puissant : le club se raconte aussi par la tenue, par l’allure, par ce que l’on voit depuis les tribunes ou à la télé. Mais le terrain, lui, contredit désormais cette lecture trop propre. L’étude de Footpack sur les crampons de Ligue 1 montre qu’à l’OM, Puma équipe bien le club, sans pour autant dominer les pieds : la marque n’est portée que par 1 joueur sur 22 cette saison, contre 5 l’an dernier.
Ce n’est pas un détail de collectionneur. C’est le signe qu’un club peut encore verrouiller l’image, sans verrouiller l’usage. Le maillot reste une façade commune ; les crampons, eux, racontent les préférences des joueurs, leurs habitudes techniques, leurs fidélités de marque. Et à Marseille, ce décalage est désormais trop visible pour être ignoré.
Sources : [1] Footpack ↗
La tribune, elle, reste un langage collectif
L’OM continue pourtant de mettre en avant une culture supporters très structurée. Sur sa page officielle, le club présente le Vélodrome comme un lieu façonné par les chants, les tifos, les déplacements et la solidarité. Les virages Nord et Sud y sont décrits comme centraux, et plusieurs groupes sont nommés comme des acteurs de cette identité de tribune.
C’est là que Marseille garde de la cohérence. Le club sait très bien habiller une foule, lui donner un cadre, des couleurs, des symboles, un récit. Il sait beaucoup moins imposer une esthétique unique aux pieds de ses joueurs. Ce n’est pas une faiblesse dramatique, mais c’est révélateur : l’institution contrôle mieux le décor que les usages réels de ceux qui le portent.
Sources : [2] OM.FR ↗
Le problème n’est pas Puma. C’est la confusion des signes
Il serait trop simple d’en conclure que la marque officielle a perdu. En réalité, la situation dit quelque chose de plus intéressant : dans le football contemporain, le sponsor d’équipement n’est plus automatiquement le propriétaire visuel du club. Il peut habiller le collectif sans écrire toute la silhouette de l’équipe. Footpack le souligne d’ailleurs à l’échelle de la Ligue 1 : une marque de maillot peut être minoritaire sur les pieds, même dans un club qu’elle équipe.
Pour Marseille, cette fracture entre la tribune et le vestiaire est presque élégante. Le club conserve une force symbolique immense auprès de ses supporters, mais cette force ne se transfère plus mécaniquement aux objets que les joueurs portent. Les virages fabriquent encore l’identité ; les crampons, eux, ont rejoint le marché libre. Et c’est précisément pour cela que l’OM doit être lu comme un club de culture, pas seulement comme une vitrine commerciale.
Sources : [1] Footpack ↗[2] OM.FR ↗
Ce que les supporters voient vraiment
La vraie leçon est simple : Marseille peut continuer à brandir une identité forte sans prétendre contrôler jusqu’au dernier détail de l’apparence. Les supporters n’achètent pas seulement un maillot ; ils défendent une manière d’être au stade, une mémoire collective, une esthétique populaire qui déborde le merchandising. C’est cette énergie que le club met en scène dans ses canaux officiels, et c’est ce qui rend l’OM différent d’un simple produit de rayonnage.
Mais il faut aussi accepter la limite : plus le club parle de culture, plus il doit admettre que la culture n’obéit pas toujours à la marque. Les pieds des joueurs ne sont pas une extension automatique de la boutique. À Marseille, c’est finalement une bonne nouvelle : le club peut encore fabriquer du symbole, mais il ne peut plus confondre symbole et possession.
Sources : [1] Footpack ↗[2] OM.FR ↗







