San Lorenzo s’enferme dans un procès contre lui-même
Pourquoi le cas San Lorenzo dépasse la simple dette? Parce qu’un ex-président réclame aujourd’hui 270 000 dollars au club pendant que la direction dit encore avoir besoin d’environ 700 000 dollars pour débloquer l’activité sportive.

Une dette qui revient par la porte politique
Marcelo Moretti a engagé une action en justice contre San Lorenzo pour obtenir le paiement d’un mutuo lié à un prêt consenti pendant son mandat, pour un montant rapporté de 270 000 dollars. Ce détail n’est pas anodin: le créancier n’est pas un tiers lointain, mais un ancien président dont le passage au club est déjà associé à une crise institutionnelle lourde.
Le fait divers financier devient alors un test de gouvernance. Quand un ancien dirigeant transforme une dette née de sa propre gestion en contentieux judiciaire, le club ne règle plus seulement un passif: il rejoue ses désaccords internes devant les tribunaux.
Sources : [1] TyC Sports ↗
Le présent reste bloqué au niveau du cash
De son côté, la direction menée par Marcelo Culotta dit que San Lorenzo a besoin d’environ 700 000 dollars pour lever les restrictions qui pèsent sur ses opérations, et reconnaît qu’une convocation des créanciers est à l’étude. Le message implicite est brutal: avant même de parler de projet sportif, le club doit trouver de quoi retrouver une respiration administrative minimale.
Culotta indique aussi que le club veut des ressources générées par ses propres moyens plutôt qu’un nouvel apport personnel. C’est une position compréhensible sur le principe, mais elle révèle surtout un problème de fond: si l’institution ne sait plus produire de liquidités sans dépendre d’hommes providentiels, elle reste prisonnière du même système qui l’a fragilisée.
Sources : [2] TyC Sports ↗
Le vrai sujet n’est pas la morale, c’est la mécanique
Il serait trop simple de réduire San Lorenzo à une querelle d’egos. Le vrai sujet, c’est une mécanique institutionnelle qui fabrique des dettes plus vite qu’elle ne fabrique de la confiance. Dans ce contexte, chaque changement de pouvoir ressemble moins à une rupture qu’à une nouvelle couche de passif à gérer.
TyC a déjà décrit un club traversé en peu de temps par sept présidents et cinq entraîneurs, avec une dette massive et une crise de continuité qui déborde largement le terrain. Cette instabilité n’est pas décorative: elle affecte les décisions sportives, le crédit du club et sa capacité à convaincre qu’un plan vaut mieux qu’un autre.
Sources : [3] TyC Sports ↗
Ce que les supporters doivent exiger maintenant
Le fan de San Lorenzo n’a pas besoin d’un autre récit de sauvetage improvisé. Il a besoin de savoir qui emprunte, pourquoi, avec quelles garanties, et comment le club sortira enfin du cycle où les dirigeants se succèdent, les contentieux s’accumulent et la dette se réécrit au lieu de se réduire.
La leçon est dure mais claire: tant que les institutions acceptent d’hériter de leurs propres erreurs sans les clarifier, elles confondent gestion et survie. San Lorenzo n’est pas seulement en crise financière; il est pris dans un loop de gouvernance où chaque solution d’urgence prépare la prochaine crise.










